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Una mentirita, por favor !

Dernière mise à jour : 15 mars 2023

Un air de salsa qui résonne, un graffiti "hasta siempre commandante", une chaleur tropicale et un espagnol chantant. Pas d'erreur possible nous sommes à Cuba. Un Cuba coloré et animé, un Cuba contrôlé et résigné. La Havane. Un nom qui évoque tant d'images et d'émotions dans les esprits. Entre architecture espagnole et art contemporain, s'ouvre à nous une ville captivante, autant marquée par son histoire et sa révolution cubaine, que par son développement culturel et touristique, ou s'entremêlent musique, danse et couleurs resplendissantes. Une ville unique au monde, où il fait bon balader, une ville atypique, celle du peso cubain et du peso convertible. Oui, ici il y a deux monnaies, symbole d'un pays à deux vitesses.


Dans le centre historique, nous découvrons ses ruelles pavées, ses quartiers pauvres, ses voitures typiques, ses cocktails mythiques. nous discutons avec Yusmani, notre vélo-guide, un cuba libre à la main. Ou devrais-je dire une "mentirita*" comme l'appelle les locaux (*un petit mensonge). L'écho est là et nous le rappelle sans cesse : Cuba n'est pas libre. Avec lui, on parcourt cette ville aux mille facettes, de nuit. On ne sait plus qui guide qui au travers des rues et de la découverte humaine. Nous sommes partagées entre insouciance et exaltation, nous vivons chaque minute avec plaisir et excitation. Et en même temps nous nous sentons comme portées par un joli rêve, dans un monde à part, ou le temps semble s'être arrêté. C'est là, tout le paradoxe de cette ville à la fois palpitante, enivrante et si apaisante.


Mais Cuba, c'est bien plus que La Havane. C'est un territoire plein de ressources et de richesses. Des exploitations agricoles à la culture de café, de la confection de cigares à la commercialisation du rhum - le fameux "Ron de Cuba" -, se succèdent des plages paradisiaques et des cascades revigorantes et s'agite une population touchante, avec le cœur sur la main, malgré les difficultés du quotidien. Mais Cuba, c'est surtout un pays sécuritaire. Le touriste y est roi, un privilégié pour lequel la police redouble de vigilance. Finalement nous nous y sentons bien, il n'y a pas de risque, même pour deux femmes voyageant seules.



Habitation typique dans la campagne cubaine


Depuis La Havane, mon amie et moi rejoignons Guajimico pour un séjour sportif. Et le trajet en soi est déjà une aventure !! Arrivées en début de soirée à l'aéroport, nous devons d'abord retrouver notre taxi, organisé par l'intermédiaire de contacts en France. Tout le monde ne va pas à Guajimico, c'est trop loin, et en plus de nuit c'est dangereux. Autant vous dire que la route est longue dans notre voiture au confort plus que sommaire. Nous voulions de l'authenticité, nous sommes servies. Mais finalement tout se passe sans encombre, notre chauffeur redouble même de petites attentions. Entre une route cabossée qui nous fait sursauter à tout moment et un courant d'air frais qui nous parcours le corps, nous arrivons tout de même à fermer l'œil quelques heures. Le lendemain matin, nous nous apprêtons à vivre une semaine condensée, intense mais surtout saisissante et inoubliable.


Au programme balade à cheval, plongée sous-marine, randonnée, catamaran et bien sûr Salsa. Non loin de notre point d'ancrage, nous visitons le petit village cubain de Camillo Cienfuegos, pour un plongeon immédiat dans la vie locale. Les premières rencontrent se font, les premiers liens se tissent. Puis nous faisons une balade à cheval avec arrêt sur une belle crique paradisiaque pour une première baignade réussie. S'ensuit la visite du site El Nicho, un somptueux parc naturel à la végétation luxuriante et aux multiples vasques et cascades qui invitent à la baignade. Chaque jour est bien rempli, chaque soirée aussi : cours de salsa, sortie dans les bars et discothèques locales pour vivre le Cuba festif. Une journée à Cayo blanco permet de ralentir le rythme et de profiter de la plage de sable blanc et du soleil des Caraïbes. Les fonds marins aussi font honneur au Cuba coloré. La visite de Trinidad, déclarée Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1988, marque l'apogée de notre séjour. Une ville magnifique, qui a gardé tout son style colonial. Les nombreuses échoppes de peintres naïfs viennent orner les rues pavées. Les tons ocres du soleil se reflètent sur les façades des bâtiments qui prennent alors de nouvelles teintes. L'ambiance est là, de jour comme de nuit.


Trinidad et ses échoppes d'artistes

La rencontre avec de nombreux cubains, aussi bien des jeunes que des familles, nous fait tout de même un pincement au cœur. Très peu se confient car tout est sous contrôle. Même les mots sont choisis, les murs ont des oreilles. "A quoi bon être stressé" nous dit Alex, "de toute façon s'il y a un problème et qu'il y a une solution alors tout va bien". Et nous de rétorquer : "Et s'il n'y a pas de solution ?" - Alex : " Alors, à quoi bon stresser ?" Tout est dit. Cuba n'est pas libre mais les Cubain sont heureux. Le régime est oppressant mais les espoirs sont vivants. Et les sourires sur les visages témoignent de la force des Cubains à vivre, quoi qu'il en coute. Ce voyage nous bouleverse. Entre féérie et compassion, il nous faut prendre le chemin du retour, le cœur noué et les yeux plein de larmes, en gardant au fond de nous l'image d'un peuple épatant.




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