Maroc | Cap Drâa : mission accomplie !
- Julie Globetrotteuse

- 12 janv.
- 4 min de lecture
Le Maroc fait partie de ces destinations où l’on peut revenir encore et encore, sans jamais avoir l’impression de refaire le même voyage. Après une première découverte en avril 2023 en famille, nous avons choisi d’y retourner en octobre dernier. Cette fois, l’aventure s’est écrite à plusieurs, entre amis, sur les routes marocaines, avec une envie commune : explorer autrement, plus loin, plus intensément. Notre itinéraire nous a menés du désert aux plages blanches de l’Atlantique, à travers des paysages spectaculaires et des kilomètres avalés avec enthousiasme.
Le désert : apprendre à ralentir
Depuis Nador, direction plein Sud vers les ergs. Le désert marocain n’est pas un simple décor. C’est une expérience. Dès les premiers kilomètres, le paysage se dépouille, les sons s’éteignent, et le temps semble s’étirer.
Avant les dunes imposantes, les plateaux désertiques, les vallées infinies, et le goût de l'immensité qui naît doucement.
Les journées y sont rythmées par des gestes simples mais éprouvants : préparer le petit-déjeuner, ranger les affaires de la nuit, organiser le 4x4 pour la journée, préparer les cartes et le GPS, rouler, s'arrêter pour observer, prendre des photos, pique-niquer, rouler encore, et puis trouver un lieu pour dormir, sauvage ou camping, ranger le 4x4 après la journée, préparer le repas et le 4x4 pour la nuit... L'effort laisse bientôt place à l'automatisme. Les nuits, elles, sont d’une intensité rare. Sous un ciel constellé d’étoiles, le silence devient presque palpable. On se retrouve face à soi-même, loin du bruit du monde.

Le désert ne se visite pas : il se vit. Il invite à l’humilité, à la lenteur, à une forme de reconnexion profonde. Le désert ce n'est pas toujours un succès, il faut parfois accepter ses faiblesses, se remettre en question, renoncer. Mais c'est aussi, des étoiles dans les yeux, des aventures inoubliables, des moments uniques. Une expérience que nous avons pu, cette fois, partager : enlisement, entraide, repas autour du feu, enfants qui jouent ensemble, partout, quelque soit le cadre, baisse de moral ou motivation extrême. Une complicité qui s'est créée au fil des longs mois de préparation et qui se retrouve, là, dans l'instant présent.
La route vers l’Atlantique : une transition spectaculaire
Quitter le désert pour rejoindre l’océan est une traversée saisissante. Deux ans plus tard, le moment est venu pour nous d’aller au bout de cette aventure laissée en suspens. Depuis l'Erg Chegaga direction le Lac Iriki, asséché, que l'on traverse enfin. Le paysage se transforme progressivement : les tons ocres et le sable laissent place à des des étendues arides et rocailleuses. La Passe du Cobra quant à elle offre un décor digne de l’Ouest américain, entre formations rocheuses impressionnantes et sensation de liberté absolue. Quelques palmeraies nous accueillent pour une petite pause ombragée avant de rejoindre le village isolé de Foum Zguid, frontière entre deux univers, qui semble comme une enclave au bout du monde. Puis s'ensuivent les villes de Tissint et Tata avec son souk coloré et animé où nous ne manquons pas de nous balader. Enfin, l'objectif de notre voyage pointe le bout de son nez : le Cap Drâa. Là où le fleuve se jette dans l'océan, nos cœurs vibrants aussi se déposent, au terme d'un long voyage, chargés d'émotions.

Cette route raconte un autre Maroc, moins connu, où les villages apparaissent comme des haltes discrètes, ancrées dans un quotidien simple et authentique. C’est un voyage dans le voyage, une transition naturelle entre deux immensités. Les kilomètres se font ressentir mais même nos enfants et nos chiens vivent le voyage avec sérénité. Tout devient plus simple lorsque l’on avance ensemble, portés par la même envie de découverte. C'est aussi le moment où nos réserves s'amenuisent, entre autres, nos réserves d'eau. Tout devient plus rare et nous force à prendre conscience de la valeur des choses. Sous une chaleur écrasante, il faudra prioriser et revenir à l'essentiel. Un apprentissage primordial que nous sommes heureux de transmettre aux plus jeunes.
Les plages blanches : la rencontre avec l’infini
L'arrivée sur les Plages Blanches, c'est une tonne d'émotions qui nous envahit... Le souffle coupé par la beauté des lieux, le cœur noué d'être arrivés jusque là, l'insouciance de l'enfant qui veut gravir les dunes, l'excitation de l'adulte qui veut rouler dans le sable, l'appréhension de ce qui nous attend le lendemain, le sentiment d'être à des milliers de kilomètres de chez soi...
Prendre des photos. Des tonnes de photos. Profiter de l'instant présent, courir, grimper, s'arrêter, observer, recommencer. Dégringoler, rigoler, pleurer, s'émerveiller. Rester bouche bée. S'assoir, fermer les yeux et prendre une grande inspiration. Mais surtout, la joie de vivre tout cela en famille et entre amis, le bonheur à l'état pur.
Ici, pas de stations balnéaires bondées, mais des kilomètres de sable clair, presque immaculé, bordés par un océan puissant et indomptable. Le vent sculpte les dunes, les vagues rythment les journées, et l’horizon semble sans fin. On s’y sent minuscule, mais libre. Le temps ralentit à nouveau. Marcher pieds nus sur le sable, regarder le soleil disparaître dans l’Atlantique, écouter le fracas régulier des vagues : tout devient essentiel.

Un Maroc différent, plus profond, et assurément un 3ème round
Ce second voyage au Maroc n’est pas une redécouverte, mais une plongée plus intime au cœur d'un grand pays. Là où le premier séjour m’avait laissé certaines amertumes et appréhensions, celui-ci m'a convaincue qu’un pays ne se résume jamais à une seule expérience. En refoulant ses terres et en variant l’itinéraire, on change aussi de regard. Du silence du désert à l’immensité de l’océan, ce Maroc-là se vit dans les sensations, les contrastes et les émotions. Il laisse une trace durable, comme une invitation à voyager autrement : plus lentement, plus consciemment. Ce voyage restera comme un moment suspendu, une parenthèse où l’on apprend à écouter le monde… et à s’écouter soi-même.
Pour lire mon premier article sur le Maroc : c'est ici.
Notre itinéraire :
Nador - Fritissa
Fritissa - Missour - Boudnib (par le col de Belkacem)
Boudnib - Merzouga (en 2 jours)
Merzouga - Erfoud - Alnif
Alnif - Zagora (pour une pause mécanique !)
Zagora - Mhamid
Mhamid - Iriki - Foum Zguid (en 2 jours)
Foum Zguid - Tata
Tata - Tan Tan
Tan Tan - Fort Bou Jerif - Legzira (par les Plages Blanches)
Legzira - Marrakech
Marrakech - Nador





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